Le Velours Souterrain (International)

Bienvenue dans un monde absurde

28 septembre 2006

ENTENDU sur Radio-Canada ...

Lors de la chronique culinaire quotidienne (en pleine tranche prime time du matin c'est à dire entre l'état de la circulation entre Chicoutimi et Abitibi-Témiscamingues et une sérénade des fameux Cowboys Fringants, voire si l'on est chanceux du non moins renommé groupe Les Respectables), la journaliste m'a fait suffoquer dans mon bol de thé lorsque, évoquant l'ouverture du restaurant "Chez Guy et Dodo" (ca a l'air tres conceptuel soit dit en passant; à mon avis ca n'est pas un bar a tapas non plus), elle s'est fendue d'un: "Courez-y, la nourriture est écoeurante, il ne faut pas rater ça! ... vous ne trouverez que des petites bites dans vos assiettes mais ca vaut largement le coup"

Apres moultes recherches et interrogation quasi inquistoriale (arrachage de langue, ecrasement d'os, ingestion forcée de litres d'eau croupie, limage des dents essentiellement) de ma secrétaire québecoise, il s'avère que l'adjectif écoeurant exprime une satisfaction sans bornes, un plaisir extraordinaire et que le terme "petite bite" est une transcription littérale du "little bit" anglais, ce qui me rassure un minimum sur le régime alimentaire local; et après ça ils viennent te reprendre lorsque tu parles de shopping (magasinage) ou de chat (clavardage!). Je vous jure, ca donne envie de se niasquer comme une estrasse tout ce tohu-bohu sémantique. 

Québec de lièvre

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26 septembre 2006

Gentlemen

Ce blog étant avant tout dédié aux voyages, réussis ou ratés, il m'a semblé que le texte suivant, extrait du livre Ex Libris d'Anne Fadiman, y avait toute sa place. Un hommage mérité à ces explorateurs britanniques qui auront su rester absurdes jusqu'au dernier instant.

"I should mention that all of the above explorers [Ross, Franklin, Nares, Shackleton, Oates and Scott] were unqualified failures. Not coincidentally, they were also all British. Americans admire success. Englishmen admire heroic failure. Given a choice -at least in my reading- I'm un-American enough to take quixotry over efficiency any day. I have always found the twilight-of-an-empire aspect of the Victorian age inexpressibly poignant, and no one could be more Victorian than the brave, earnest, optimistic, self-sacrificing, patriotic, honorable, high-minded, and utterly inept men who left their names all over the maps of the Arctic and Antarctic, yet failed to navigate the Northwest Passage and lost the races to both Poles. Who but an Englishman, Lieutnant William Edward Parry, would have decided, on reaching western Greenland, to wave a flag painted with an olive branch in order to ensure a peaceful first encounter with the polar Eskimos, who not only had never seen an olive branch but had never seen a tree? Who but an Englishman, the legendary Sir John Franklin, could have managed to die of starvation and scurvy along with all 129 of his men in a region of the Canadian Arctic whose game had supported an Eskimo colony for century? When the corpses of some of Franklin's officers and crew were later discovered, miles from their ships, the men were found to have left behind their guns but to have lugged such essentials as monogammed silver cutlery, a bakgammon board, a cigar case, a clothes brush, a tin of button polish, and a copy of The Vicar of Wakefield.
These men may have been incompetent bunglers, but, by God, they were gentlemen." 

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La preuve par l'image

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Il ne m'aura pas fallu plus de 24heures pour dénicher cette perle dans un des torchons qui jonchent la chambre de ma coloc ... soit dit en passant, cette critique dithyrambique et ô combien originale (merci pinkmartini pour cette démystification astoundingly exquisite), ces deux pouces en l'air donc, étaient dirigés à l'endroit du dernier navet de keanu reeves et sandra bollocks, ce qui montre bien que tous les québécois ne sont pas Denys Arcand ...

Montréal Ityshow

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24 septembre 2006

My Super Sweet Sixteen Birthday!

Qui se souvient encore de l’anniversaire de ses 16 ans ?       super_sweet_16

A part les gens qui ont 17 ans j’entends.

Certainement pas moi, qui traversais à l’époque une période pas forcément mémorable (imaginez un mélange de Tony Hawk –pour le style vestimentaire- et de Jacques Villeneuve –pour la couleur de cheveux- incapable de sauter un trottoir ou de démarrer une voiture), peut-être vous, et sans aucun doute Marissa, Alexa, Carlysia (Carlysia ?), Janelle (Janelle ??), ou encore Aron, qui ont tous eu la chance de participer à l’émission My Super Sweet Sixteen, le nouveau show MTV en vogue aux Etats-Unis.

Pour les néophytes, voilà la description qu’en donne MTV : “My Super Sweet Sixteen takes you on a wild ride behind the scenes for all drama, surprises, and over-the-top fun as teens prepare for their most important coming-of-age celebrations. Meet the kids who are determined to go all out to mark this major turning point in their lives, the parents who lavish every wish, and find out first hand what it is really like to turn 16 these days. Blow out 16 candles and step in to a world that isn’t always as sweet as it seems.”

Derrière cette description a priori inoffensive se cache en réalité l’un des shows les plus édifiants jamais diffusés à la télé. Et ce n’est pas moi qui le dis (pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais eu la télé) mais des milliers de téléspectateurs furieux qui l’ont tout simplement élu The Most Offensive Show on Television. Et effectivement, j’ai bien failli tomber à la renverse de la machine de cardio-training compliquée (censée reproduire un mouvement bâtard entre le ski de fond et le saut de haies), depuis laquelle j’observais le documentaire, lorsque j’aperçus l’heureuse élue arriver à la soirée juchée sur un éléphant, puis être portée par quatre éphèbes à demi-nus avant de se faire acclamer par une foule de soi-disant 70 personnes mais qui avaient plutôt l’air d’être 300, tous déguisés en Romains (allez comprendre…). 

Vous l’aurez compris, Sweet Sixteen ne s’intéresse pas aux anniversaires de Monsieur ou Madame Tout-le-Monde, à ces booms d’adolescents passées dans le garage entre le break de papa et le vélo de maman à boire de l’orangina tiède, mais plutôt aux fêtes extravagantes des quelques happy few susceptibles de louer le Four Seasons le temps d’une soirée.

N’étaient-ce les sommes d’argent englouties dans l’aventure (le record étant pour l’instant détenu par un certain Darnell Robinson avec la coquette somme de 300000$) l’ensemble serait simplement grotesque. Mais la vulgarité, l’apologie éhontée du matérialisme et la bêtise inimaginable des protagonistes rendent la chose difficilement supportable. D’ailleurs certains internautes m’inquiètent un peu lorsque je lis leurs commentaires. Je pense par exemple à RitchTheEpithet qui écrit “MSS16 brings out the worst in mine, I can barely watch it, and sometimes I have to turn it off. Nothing makes me feel as violent as this show. I find myself wishing very horrible things to befall these people. Like how the lust victim was killed in Seven”.

Malgré ces critiques (rudes parfois, comme vient de s’en apercevoir), le show ne manque pas de qualités comiques. Comme cet échange entre Sophie et sa mère :

_ Sophie, honey, I don’t think 10000$ is a reasonable amount for a dress

_ Mum, please, can you shut up for what… ten seconds. You bitch.

_ OK honey, I’m sorry, excuse me.

Ou encore la scène hilarante que l’on voit venir à des kilomètres lorsque Sheryl (la fille à l’éléphant) décide d’aller chercher sa robe à Paris (elle vit à Miami mais « European fashion is always one or two years ahead » donc bon, elle a vraiment pas le choix) et que les producteurs indiquent malicieusement sous l’image de la limousine descendant l’avenue Montaigne : Paris, 15 août, jour férié en France.

Mais à n’en pas douter, l’une des plus belles répliques appartient à Marissa qui lance à son père en train de négocier pour faire descendre le prix de location d’un club/boîte de 50000 à 25000$ (le malheureux est concessionaire auto. Rassurez-vous il finira quand même par lui offrir non pas une mais deux voitures pour son anniversaire) : « Daddy, fifty thousands is fine. » J’allais le dire. C’est vraiment parfait.

On ne peut donc que partager l’avis de Fireflypaper qui a désigné Super Sweet Sixteen sans coup férir lorsqu’il a dû choisir l’émission la plus blessante pour le genre humain. Et à lire son palmarès bien fourni je me dis que j’ai encore quelques bonnes après-midi à passer devant la télé…

« Boy, it has been a competitive year. From « Deal or No Deal ! » to E ! « 101 Most… » series, soul crushing TV has worked mighty hard to keep you from finding the will to live.

This year nominees for Worst Offenders are:

8th and Ocean

Honey, We’re killing the kids

Mind of Mencia (it’s offensive to comedy)

Date my Mom

And the winner is… MTV!

Between Super Sweet 16, Wild’n out, Real World, Next, Room Raiders and the rest of their lineup, they have pushed the envelope on how much a person can take before going on a kill-crazy kickboxing rage.

Congrats MTV. Burn in hell you bastards. »

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22 septembre 2006

LU dans la presse locale ...

"Neige en janvier, ça caille aux pieds, neige en juin, ah bah putain !"

cette perle figurait dans le commentaire accompagnant les prévisions météo plutôt mauvaises dans le Jounal de Montréal. Allez comprendre, d'autant plus qu'on est en septembre ...

Montréal Madrid

Posté par veloursouterrain à 22:08 - Amériques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2006

Tu croyais-tu parler français ?

Moi qui me demandais depuis une semaine comment commencer mes chroniques québecoises, me voila mis sur la voie par les considérations linguistiques de spikey comme de pink martini. Il apparait ainsi que l'un des éléments dépaysants pour un francais débarquant à Montréal réside dans sa croyance originelle en la francophonie de ses hôtes ...

Compte tenu de l'hystérie locale entourant la spécifité linguistique du Québec, soyez avertis que je mets ma vie en danger en osant affirmer que l'espece de volapük baragouiné dans la Belle Province n'a qu'une vague ressemblance avec le francais. Au dela des formules colloquiales absurdes de redondance ("Tu l'as-tu trouvé?") ou des faux amis redoutables qui truffent les conversations les plus anodines (il faut etre fin calculateur ou adeptes de pratiques étranges pour oser affirmer à un québecois qu'on aime les gosses, dans la mesure où cela signifie que vous avez un penchant immodéré pour les testicules. soit dit en passant, avoir 3 ou 4 gosses est de fait aussi malvenu à Montréal qu'au fin fond de la province du Xinjiang), il faut apprendre a traduire stupidement et littéralement tous les mots ou expressions de langue anglaises sous peine de passer pour un béotien de la pire engeance. Pour avoir quelque peu voyagé, je ne crois pas me souvenir d'un seul endroit dans le monde ou il y a à la fois marqué "stop" et "arrêt" sur les panneaux de circulation dédiés à cet effet. Au cas où on ne comprenne pas ce que stop veut dire ... De même, l'excessivement irritant "bienvenu" que les québecois utilisent comme transcription littérale de "You're welcome" pour signifier que le remerciement que vous venez de formuler est superflu. Sachez que vous pouvez trouver de magnifiques systèmes de "cinéma maison" pour équiper votre appart, grace auquel vous pourrez déguster un délicieux "trio" GrosMac de chez MacDo (ils ont surement tenté de traduire "menu" mais comme le mot existait sous la même forme en francais, il FALLAIT trouver un truc pour se différencier, sans quoi le prédateur anglophone allait entrer dans la bergerie), tandis que votre mouflet (et non pas votre gosse, donc) se délectera d'un "festin joyeux" (happy meal, mon préféré). Quant à vous gaver d'une gaufre en dessert, hors de question: il vous faudra demander une "queue de castor" (sic) si vous voulez avoir la chance d'être compris par la vendeuse (qui comme tous les autres voit parfaitement ce que tu veux dire mais s'obstine a requérir le nom de code exact pour accéder à ta demande. Moyennant quoi je ne parle plus qu'anglais dans les magasins, ca va environ 1000 fois plus vite, tabernacle !

Canada Braille

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Maccheronic

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Après ce post exhilaratingly dazzling et stunningly astonishing, je me permets de vous joindre une pub du Wall street institute de Milan, qui convie ses futurs clients à arrêter de parler le Maccheronic, qui il faut bien le dire est une langue à part...ainsi la plupart des étudiants étrangers de la Bocconi fuient les cours en anglais, devant leur incapacité à saisir la moindre syllabe de ce dialecte local de l'anglais cisalpin. Sans parler de la tripotée de mots anglais honteusement italianisés: maus, camputer, TV (à prononcer tivou)...et j'en passe.
Je m'en vais de ce pas suivre un cours de prrrraïvate banking qui s'annonce des plus absurdes.

Posté par veloursouterrain à 10:46 - Europes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Two thumbs up!

L’avantage des campus américains, c’est qu’on n’a pas grand-chose à y faire. Une fois la salle de sport explorée de fond en comble, le terrain de foot arpenté de long en large, la piscine olympique traversée de part en part, le campus parcouru d’un bout à l’autre, il ne reste plus qu’à rester couché devant son ordinateur, perclus de courbature, et à regarder la liste des films proposés par le cinéma du coin.

L’ennui avec le cinéma dans le monde anglo-saxon c’est qu’il est impossible de choisir un film. Chaque affiche est recouverte de critiques dithyrambiques décrétant qu’on a affaire AU film de l’été, à LA comédie la plus hilarante de l’histoire du cinéma américain, ou AU film d’animation le plus ingénieux et habile que la main de l’homme (ou de l’ordinateur) ait créée. Inexplicablement, les pires navets parviennent toujours à trouver quelque obscur gratte-papier pour leur « lever ses deux pouces » en guise d’assentiment. Le fameux « two thumbs up ! ». Quelle absurdité ! A-t-on déjà vu qui que ce soit sortir d’une salle de cinéma les deux pouces en l’air pour manifester son contentement ? A-t-on même déjà vu qui que ce soit les deux pouces en l’air en dehors d’une cour de récréation d’école primaire ?

Au cas où vous auriez oublié, voire jamais vu quelqu'un les deux pouces en l'air, je vous joins une photo pour bien illustrer le ridicule de l'image:

L’utilisation de ce genre d’expression par les critiques locaux facilite grandement la tâche des maisons de production dans les pays anglo-saxons. A l’inverse, les critiques français ne font rien pour leur faciliter la vie. Comment utiliser le compliment entendu au Masque et la Plume à propos de Miami Vice : «Colin Farrell est magnifique dans son jeu minéral» ? Un jeu minéral… A la rigueur, on aurait presque préféré un jeu végétal, on aurait au moins eu l’espoir de voir bouger une feuille, un cheveu, un cil, qui sait, un œil peut-être !

Certains Américains ont décidé de se pencher un peu plus sérieusement sur la pratique. Ils lui ont donné un nom, le « quote whore » qui s’utilise aussi sous sa forme verbale « to quote whore » ou « quote whoring », et des sites Internet se consacrent exclusivement à la dissection de cette méthode marketing. Hollywoodbitchslap.com par exemple, fournit des articles de fond très documentés faisant appel à force spécialistes du genre (si si il y a bien des spécialistes du genre). Cette mine d’information m’a permis de réaliser une typologie sommaire des « quote whores ».

Prenons par exemple Robot, le sympathique film d’animation des studios Disney.

On trouve d’abord le commentaire généraliste. Formule passe-partout, elle pourrait aussi bien s’appliquer à Bambi qu’à Orange Mécanique, ce qui est bien pratique quand on est à court d’inspiration. Par exemple : "Funtastic!...A breathtaking and 100% exciting instant classic that will capture you and take you on a ride you've never been on before." On remarque l’utilisation de pourcentage, qui confère automatiquement un statut scientifique à l’assertion (et au métier de critique par la même occasion). On imagine le critique, sa boîte de pop-corns dans une main, sa boîte à mesurer son excitation dans l’autre, observant avec jubilation la petite aiguille rouge atteindre la barre fatidique du 100% dans l’allégresse générale d’une salle en liesse. En un mot : c’est la fête.

On a ensuite, l’argument d’autorité mâtiné d’une métaphore discrète. "A Mechanical Masterpiece! Full of fun for the whole family!". Peu importe que le résultat ne veuille strictement rien dire. En effet, comment un film d’animation pourrait-il être un « chef d’œuvre mécanique » ? A la limite, une Ferrari peut être un chef d’œuvre mécanique, ou la navette Atlantis, mais comment Robot pourrait-il l'être ? De quel mécanisme peut-il bien parler ? C’est un peu comme s’il avait qualifié Pocahontas de « chef-d’œuvre indien » ou Croc-Blanc de « chef d’œuvre canin ». Juste absurde.

A part dans les quote whore, j’ai cru bon de distinguer la catégorie « Stupidité pure » réservée aux citations faisant preuve d’une exceptionnelle bêtise ou, au choix, d’un sens de l’humour implacable. "When a ROBOT does 'the robot', you know you have a huge hit!" est le lauréat indiscutable de la catégorie. Je me demande encore ce qui a bien pu passer par la tête d’un éminent spécialiste du cinéma américain pour sortir une absurdité pareille. On ne peut pas le nier, il est préférable qu’un robot fasse le robot, plutôt que le marsupilami, l’aztèque de carnaval ou le pilote de rallye. Mais était-il vraiment nécessaire de le préciser ?

Enfin, la quote whore ne serait rien sans sa catégorie reine, celle qui a fait sa célébrité : la citation ultra-vitaminée, exclusivement constituée de mots composés improbables, mal assortis et totalement obscurs, résultant généralement en une impression d’hystérie collective, de délire paranoïde et/ou d’overdose imminente. "Hysterical, ingenious and whimsical 'Robots' is an even more spectacular, computer-animated film than 'The Incredibles' ... In fact, the term 'brilliant' fails to accurately describe how wondrously witty and innovative 'Robot' [sic] really is ... a hilariously clever and breathlessly innovative work of computer-animated entertainment, 'Robots' is a visually stunning and wildly hilarious comedy for intelligent, humor-starved movie-goers ready to laugh themselves silly." La personne qui parvient à m’expliquer la dernière phrase gagne son poids en allumettes. 

Il y a quelques années, des étudiants de Sciences Po, membres de feu l’Association des Cons, avaient inventé une machine virtuelle capable d’agencer des mots au hasard pour produire à la chaîne les critiques des soirées en vogue. On arrivait à des formules du genre : « Le DJ aux doigts de fée sortira ses griffes et déchirera les boomers à gros coup de sub et de kicks fatals ».

J’en viens donc à me demander: à quand le « chef d’œuvre mécanique » permettant de créer des quote whore automatiques ?

 

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17 septembre 2006

Charlie et Hutch

Le carnaval de Notting Hill fut l'occasion de faire quelques découvertes intéressantes:

- le pull en lycra orange se porte aussi bien sur une moto de police que sur une piste de danse ou qu'au milieu d'un défilé caribéen

 

- la face du Messie est inscrite à la surface de la lune ce qui présage de l'imminence de son arrivée (retour? ce point reste à éclaircir. peut-être l'année prochaine)

- un astéroide a prévu de détruire la Terre en 2026; grâce au Ciel (si on peut dire), le fameux messie a prévu d'intervenir pour empêcher cette catastrophe

- et enfin, le Krug (sans doute un lointain cousin du Kloof en Berg, sympathique vin sud-africain) demeure le meilleur champagne au monde en dépit de son absence de notoriété et de son nom peu séduisant

Posté par veloursouterrain à 07:27 - Europes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Milano è Milano

Comme le disent les Milanais, Milano è Milano, ce qui signifie Milan....n'est que Milan, pas de Colisée, de Dolce Vita et de plongeons dans les fontaines (sauf dans les torrents de pluie qui s'abattent depuis hier) et de ruines romaines, bref rien de foutral au premier abord...Au lieu de vous dire que tout ça est faux et que Milan est génial (ce qui est pourtanrt plutôt mon impression pour l'instant) je vais vous raconter qques anecdotes inutiles et absurdes qui ont ponctué mon séjour.

Aujourd'hui je décide d'aller au lycée français Stendhal pour aller mettre une annonce et essayer de récolter quelques fonds plutôt bienvenus. Après une bonne demie heure de metro, j'arrive au lycée, batiment complètement incroyable et mégalomane, ultramoderne, fait de métal et de baies vitrées, qui dépare complètement parmi les maisons XIXèmes qui l'entourent.

Arrivé au local de la "Vie scolaire", j'attends patiemment la conseillère d'éducation qui est en train d'engueuler comme du poisson pourri des gamines de 4ème qui ont déjà 2 absences non justifiées après à peine deux semaines de cours (l'entretien dure une bonne heure!) Voyant que le conflit va empirer, je décide de l'interrompre et d'exposer mon cas calmement. "On ne met pas encore d'annonces, me rétorque-t-elle, le bâtiment est tout neuf et on ne veut pas le salir!" Je lui demande alors en quoi un carré de papier de 4 cm de large peut salir cette espèce de batisse néo-fasciste, quand le sous-directeur, personnage bedonnant et grotesque vient à la rescousse et m'explique que c'est tout simplement contraire aux régulations du lycée pour l'instant. Devant un tel argument juridique et ne disposant pas de mon Codice civile sous la main, je décide de tourner les talons et de passer dans l'illégalité en allant coller moi-même les affichettes.

Après avoir collé la première, non sans une certaine satisfaction, je remarque un personnage trouble qui rôde près de moi: c'est en fait un des types de l'administration du lycée, qui a pour mission de faire appliquer les fameuses régulations. Il s'emploie donc à décoller méthodiquement mes affichettes, à peine après que j'ai fait 3 pas et à noter l'étendue du délit dans un petit carnet. Ce jeu absurde et inquiétant ayant duré pendant une bonne dizaine de minutes, le temps de faire le tour du lycée, je décide dans un acte désespéré de coller les dernières sur un poteau, quand tout un environnement hostile se déchaîne contre moi: une voiture qui fait son créneau s'arrête juste devant moi, le conducteur me dévisageant d'un air accusateur, puis c'est au tour de deux vieilles femmes, et enfin clou du spectacle, l'homme qui débarasse les feuilles mortes avec son aspirateur, sorte d'être malfaisant vêtu d'une combinaison type star trek et d'un masque à gaz me regarde fixement dans un vacarme atroce. Ayant alors l'impression d'être une sorte de narcotrafiquant qui essaye de cacher sa cargaison dans son camion sous les projecteurs des hélicoptères de la police, je finis par fuir vers la station de tram à quelques mètres de là.

Résigné à ne pas gagner un sou de l'année, en tout cas par des moyens licites, je rentre chez moi et découvre que l'immeuble est habité par une vieille folle qui hurle toute la journée à sa fenêtre en appelant son fils (qui a 40 ans et est donc parti depuis belle lurette, selon le concierge): "Nicoooooolas aiuuuutami (aide moi) hurle-t-elle d'une voix déchirante, comme si elle était soumise à un quelconque supplice médiéval. On ne peut rien y faire parait-il, elle refuse d'entrer à l'asile, me dit le concierge. Je n'ai plus qu'à m'affaler devant Sky Cinema, en mettant le son au maximum ...

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